En octobre 2010, la France a connu un nouvel épisode de blocage de raffineries et de dépôts de carburant. La quasi-totalité des stations-service a connu des difficultés d’approvisionnement. Ce mouvement, s’inscrivant dans un contexte général de contestation sociale contre la réforme des retraites, a durement touché les professionnels du transport routier. Très rapidement les chaînes logistiques des produits pétroliers et de la livraison de marchandises ont été affectées par ce phénomène.

Des difficultés et des conséquences parfois irréversibles ont touché de nombreux professionnels du transport. Les plus fortement frappés ont été les transporteurs d’hydrocarbures qui n’ont pu s’alimenter en gazole ni distribuer de produits pétroliers. D’une part, l’activité du transport routier a subi des surcoûts d’exploitation (principalement dus aux heures supplémentaires et aux taxes fixes) et des pertes de chiffre d’affaires faute de livraison (absence de produits à livrer ou immobilisation du parc de véhicules). D’autre part, la pénurie de carburant a engendré une hausse spectaculaire des prix. Des augmentations entre 7 et 10% ont été constatées en une semaine.

D’ores et déjà, les transporteurs prévoient de pallier les surcoûts engendrés en facturant la hausse tarifaire des carburants à leurs clients. Cette pratique du « pied de facture » permet au transporteur de revaloriser le prix des produits pétroliers directement à la charge du client. Nécessaire au redressement des comptes d’une entreprise, cette refacturation inquiète les clients et pourrait mettre un terme à de nombreuses relations commerciales.